Partage de l’eau : la Confédération paysanne 49 s’indigne du manque d’ambitions et de moyens des politiques publiques
La Confédération Paysanne a une conscience aiguë des besoins en eau d'une partie des fermes du territoire. En cela, elle ne s'oppose nullement à l'irrigation. Cependant elle s'inquiète du décalage entre une réalité de terrain dans laquelle des tensions liées au partage de l'eau apparaissent et des politiques publiques (ainsi que leur gestion administrative) loin de prendre au corps à corps ces questions cruciales.
La multiplication des projets de stockage d'eau (mégas ou petites bassines, forages, réserves collinaires, etc.), le captage de la majorité de ces volumes par les irrigants « historiques », l'inexistence de priorisation des besoins dans les attributions décidées par la DDT ainsi que l'absence de données fiables actualisées concernant les volumes d'eau disponibles sur le territoire laisse augurer de sombres années pour ceux qui demain devront nouvellement irriguer et pour les agriculteurs non irrigant. Autoriser au stockage de l'eau sans priorisation fige les systèmes agricoles, empêchant alors les changements de pratiques nécessaires au maintien et à la préservation des milieux.
La Confédération Paysanne 49 note aussi le manque de moyens dont dispose la DDT49 pour contrôler l'existence de forages illégaux. C'est un secret de polichinelle qu'un nombre conséquent de forages non déclarés sont aujourd'hui utilisés pour irriguer les cultures, rendant encore plus aléatoire les résultats des études en cours sur les volumes disponibles.
Nous espérons aussi que les récents changements au sein des instances de décision et de concertation du bassin versant Layon-Aubance-Louet (PTGE et CLE) seront l'occasion d'un réel changement. Au regard des enjeux imposés par le changement climatique, un besoin de renouvellement profond se fait sentir à la tête de ces structures. Se saisir de la question de la quantité d'eau disponible sur le territoire et de la répartition de ses usages est aujourd'hui à mettre au même niveau que la question de sa qualité sanitaire.