Un Plan Eau régional accaparé par l’irrigation…

Si l'eau est indispensable à l'agriculture, l'irrigation reste une technique utilisée par une minorité d'agriculteurs. « 8% de la surface agricole de la région est irriguée » peut-on lire dans le plan. Pourtant, force est de constater que la Région entend bien soutenir (à hauteur de 700.000€) les irrigants entre financement de système gouttes à gouttes "aux 100% des irrigants", appareils de mesures connectés, etc. La majorité d'entre nous se passe déjà d'irrigation et, au vu des prévisions, devra continuer à faire sans. Il est tout autant nécessaire voire plus d'accompagner les non-irrigants que les irrigants.
Par ailleurs, il est beaucoup question de recherches et de nouvelles technologies dans ce plan. Elles peuvent certes aider à mieux s'adapter mais les solutions pour moins dépendre des prélèvements dans le milieu sont connues. Dans de nombreuses situations, celle qui aurait les effets les plus rapides serait l'abandon du maïs, à l'exception des quelques hectares irrigués permettant parfois de sécuriser les rations hivernales. Mais un développement massif de l'agriculture biologique ET des techniques d'amélioration des sols qu'elle utilise aurait également des effets sur la qualité de l'eau et sa disponibilité. Or, alors même que la bio est dans la tourmente, il n'y a rien sur l'agriculture biologique dans ce plan.
Même constat sur les haies. En 2021, l'IGN nous indiquait que la région Pays de la Loire comptait 148 207 km de haies et le CESER, en 2022, estimait que notre région avait perdu 60% de son linéaire de haies depuis 1950. Face à ces chiffres, l'objectif des 150 km de plantation/an du plan eau régional semble bien dérisoire.
Concernant la gestion quantitative, il peut certes être utile d'avoir des outils qui permettent de mieux suivre l'évolution de la ressource. L'essentiel n'en demeure pas moins le partage et la gouvernance de ce partage. Nous pourrions attendre de la région qu'elle donne au moins quelques orientations politiques sur ce sujet, comme l'interdiction de l'usage de l'irrigation sur les cultures à usage énergétique par exemple, ou les critères permettant à un.e nouvel.le installé.e d'avoir accès à l'eau. Il n'en est rien.
Le changement climatique augmente l'imprévisibilité des années à venir.
Plus que de modèles annonçant la météo à venir, les agriculteurs auront surtout besoin de prix rémunérateurs pour aider à ce que les bonnes années permettent de passer les mauvaises.
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