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VIE SYNDICALE
15.07.2020

Tomate bio : réguler pour sortir de la crise

En pleine saison de production des légumes d'été, les maraîchères et les maraîchers vivent une crise historique, en particulier celles et ceux qui produisent des tomates en agriculture biologique.

En cause, le ralentissement de la consommation, qui peine à absorber la hausse de l'offre liée à de nombreuses conversions à l'agriculture biologique. Par ailleurs, bon nombre de distributeurs persistent à utiliser la concurrence des tomates importées, dans le seul objectif de faire pression sur les prix payés aux producteurs et de conforter leurs marges. Résultat : alors qu'ils achètent la tomate biologique d'origine France moins de 1,50 euros/kg, ils la revendent en moyenne à 5,80 euros au détail !

Jusqu'à présent, le maraîchage en agriculture biologique représentait encore un levier important d'installation de nouveaux.elles paysan.nes. C'est l'ensemble des installations récentes que cette crise menace : les coûts de production de la tomate étant presque deux fois supérieurs au prix de vente actuel, les cessations d'activité et les destructions d'emplois risquent d'exploser.

Il y a urgence à redresser la situation. La distribution doit immédiatement réduire ses marges afin d'une part d'améliorer les prix payés aux producteurs et d'autre part de permettre à davantage de citoyennes et de citoyens d'acheter de la tomate bio.

A plus long terme, la régulation des volumes, des prix et des marges tout au long de la filière est devenue inévitable afin que la production française de fruits et légumes, qui ne fournit plus que la moitié de nos besoins, ne disparaisse complètement. Cette régulation doit concerner aussi l'agriculture biologique : les beaux discours sur la croissance de ce marché ne permettent plus d'occulter les situations de surproduction liées à des conversions massives d'immenses ateliers de production, qui fuient les marasmes récurrents des marchés agricoles conventionnels, et à une industrialisation rampante de la bio.

En complément, des outils doivent être envisagés pour empêcher la course aux prix bas générée par la concurrence de l'importation. Pour cela, la Confédération paysanne propose l'instauration de prix minimum d'entrée sur le marché français, applicables à l'ensemble des fruits et légumes importés. Ce mécanisme, qui reposerait sur un meilleur contrôle des activités d'importation, est la condition nécessaire pour enfin enrayer l'effondrement du secteur en France, tout en contribuant à une harmonisation sociale par le haut en Europe.


Crédits photos : Ruud Morijn-Fotolia
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