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COMMUNIQUE DE PRESSE

Du photovoltaïque sur les toits… et des salades dans les champs !

08.06.2021

Face à la croissance du nombre de projets d'installations photovoltaïques au sol, la Confédération paysanne de Loire-Atlantique rappelle que la destination première des terres agricoles est de nourrir les humains. Cette vocation nourricière est aussi la raison d'être de notre profession.

Pour rappel, l'objectif fixé par la Loi relative à la transition énergétique par la croissance verte, de 2015, est notamment que 40 % de la production électrique soit d'origine renouvelable en 2030. C'est un objectif totalement louable avec lequel notre structure est en accord. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment de l'agriculture. Il faut accentuer le développement du solaire sur les toits, les parkings, les anciennes décharges, les friches industrielles administratives ou commerciales. Mais nous nous opposons à l'utilisation sur des surfaces agricoles. Cela a pour conséquences d'artificialiser les terres et de réduire la surface consacrée à la production alimentaire.

Les projets actuellement à l'étude dans notre département (à Guémené-Penfao, Lusanger...) s'appuient sur leur coexistence avec l'activité agricole, et notamment le pastoralisme et l'élevage ovin, afin de paraître acceptables.

Mais en proposant des prix de location très élevés, voire proche du prix d'achat des terres, les promoteurs de ces projets font exploser la surenchère sur le foncier agricole qui deviendra inaccessible aux exploitants agricoles. La rentabilité de la terre nourricière ne fera pas le poids face à la rentabilité de ces projets énergétiques. Il n'est pas raisonnable de prendre le risque d'un appel d'air à la sortie de la vocation agricole de milliers d'ha de terres agricoles.

Par ailleurs, les promoteurs de ces projets proposent aux exploitants de leur consentir des prêts à usage sur les parties restées en "agriculture". Ces prêts à usage ont certes l'avantage d'être gratuits mais le gros inconvénient d'être totalement précaires et soumis à la bonne volonté du prêteur qui peut les résilier à tout moment. C'est une remise en cause de la stabilité de l'assise foncière de l'agriculture via le statut du fermage. De plus l'exploitant n'a plus la liberté d'éventuellement changer de production un jour, puisque contraint par les installations techniques.

On ne peut s'empêcher de sourire, en pensant qu'au nom de la nécessaire transition écologique, on voit fleurir des fermes urbaines sur le toit des villes et des panneaux solaires dans les champs! La Confédération paysanne appelle les élus à faire preuve de bon sens en privilégiant le développement photovoltaïque sur les zones artificialisées et en préservant la vocation nourricière des terres agricoles.


Contacts :
Marie SAVOY - Co présidente de la Confédération Paysanne Loire-Atlantique - tél: 07 87 39 77 72
Raphaël COCAUD - Membre du secrétariat de la Confédération Paysanne Loire-Atlantique - tél: 06 67 21 17 52
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