URGENCE D’UNE AUTRE POLITIQUE AGRICOLE
Vendredi 9 janvier 2026, la Confédération paysanne, dans le cadre d'une action de revendication, ralentit quelques minutes le périphérique parisien et poursuit son action en direction de la place de l'étoile. Résultat : garde à vue des portes-paroles nationaux.
Mardi 13 janvier 2026, la FNSEA* débarque avec 350 tracteurs, paralyse la Capitale pendant toute la journée et campe toute la nuit devant l'Assemblée Nationale. Résultat : courbette du Premier Ministre qui annonce une loi d'urgence agricole pour faciliter la production, un moratoire sur la politique de l'eau et une absence d'augmentation de la redevance pour la pollution diffuse…
Mercredi 14 janvier 2026, des agriculteurs et agricultrices de la Confédération paysanne pénètrent dans une annexe du Ministère de l'agriculture. Résultat : 52 manifestants et manifestantes sont envoyés en garde à vue, où ils y passeront la nuit. Aucune poursuite n'est engagée, ce qui prouve qu'il s'agissait uniquement d'intimidation.
Deux poids- deux mesures.
Le gouvernement Lecornu passe ses journées à donner des leçons à tous nos parlementaires sur la nécessité d'un dialogue constructif et sur la recherche de consensus au service de tous. Cependant, quand il s'agit de travailler avec les partenaires sociaux, il pratique les petits arrangements entre amis pour quelques-uns et la répression la plus directe pour tous les autres.
Les agriculteurs et agricultrices de la Confédération paysanne cherchent systématiquement à placer leur action dans le sens de l'intérêt général. Ils défendent en priorité les intérêts agricoles, c'est le rôle d'un syndicat agricole. Et cela, tout en se préoccupant du regard sociétal, des limites environnementales et de l'acceptabilité sociale de leurs pratiques.
Nous en avons un exemple frappant avec la question du SAGE Vilaine qui doit définir la gestion qualitative et quantitative de l'eau sur notre territoire pour les années à venir. Les élus ont réalisé un travail massif pour espérer obtenir des résultats et protéger notre population, notamment sur les pollutions par les pesticides.
En réaction, la Confédération paysanne, tout en ayant des remarques sur quelques points, comprend l'intérêt et le sens de ce projet et propose des solutions pour avancer vers une amélioration de la situation.
De l'autre côté, la FNSEA* rejette tous les points, refuse le dialogue et bloque toutes les procédures de décision par des menaces et intimidation.
Il est évident que notre démocratie est malade et que le pouvoir d'influence est devenu proportionnel aux capacités de nuisances. Mais ce n'est pas une fatalité, et nous sommes mobilisés pour exiger de la justice, de l'équité et une égalité de traitement pour assurer les conditions minimum d'un fonctionnement démocratique. Sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets, et les mouvements de colère agricoles continueront de se répéter.




