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MAINE-ET-LOIRE
13.01.2020

Soirée-débat sur la sortie des Pesticides

13.01.2020 -
130 personnes étaient présentes lundi soir au Bistrot des Citoyens du Monde pour une soirée d'échanges sur la sortie des pesticides. Discussions intéressantes en présence de Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne, de Xavier Metay, coordinateur de France Nature Environnement et de Michel Besnard, président du collectif des victimes des pesticides de l'Ouest.

Un an après le scandale du Metam Sodium dans le Maine-et-Loire, les représentants des élus, la Chambre d'Agriculture, le Conseil régional, le Préfet et de la société civile s'apprêtent à signer les chartes départementales de bon voisinage. La Confédération paysanne, après avoir participé aux discussions au niveau régional, a décidé de ne pas signer cette charte.


Les conséquences sanitaires et environnementales des pesticides sont désastreuses pour l'ensemble de la population. Pour la Confédération paysanne, ces effets méritent des mesures à la hauteur des enjeux, en particulier par la mise en place de mesures d'accompagnement économiques et commerciales à la sortie des pesticides de synthèse. Or, ces projets de texte mis en consultation signent définitivement le désengagement de l'État d'une réelle politique publique de protection de la population vis-à-vis des pesticides.


Si certaines dispositions des chartes pourraient permettre plus de transparence sur l'utilisation des produits, il convient de rappeler que la transparence ne protège pas. Concernant la mise en place de distances (quelles qu'elles soient) d'interdiction de l'utilisation de pesticides à proximité des lieux d'habitations ou de travail, il nous apparaît évident que cela ne protège pas les riverain·e·s, encore moins les paysan·ne·s. Elles peuvent certes, dans certaines situations, limiter les risques d'intoxications aiguës. Mais les pesticides se retrouvent dans l'air, l'eau, les sols, l'alimentation et des distances n'y changeront rien.

Le projet de charte prévoit de financer (sans préciser comment) des actions de sensibilisation et de formation à destination des agriculteurs. Or, depuis le lancement d'Ecophyto, chaque année l'augmentation de la consommation de pesticides vient démontrer à quel point ces mesures ne sont pas à la hauteur des enjeux. Pour la Confédération paysanne, il faut mettre en place des mesures économiques (aides à la transition vers des systèmes économes en pesticides, aides à l'agriculture biologique, structuration de filières locales, etc.) et commerciales (fin des accord de libre-échange, arrêt des importations de produits traités par des pesticides interdits en France, prix minimum d'entrée sur le marché national, etc.) permettant aux paysan·ne·s de changer leurs pratiques, de relocaliser l'agriculture et de vivre de leur métier. Car c'est bien une meilleure valorisation de leur production qui leur permettra d'engager les changements sur leurs fermes. Proposer comme seule mesure de protection de confier à des organisations locales la production de chartes d'engagements dont on ne connait pas le statut juridique, dont les mesures ne protègent pas et face auxquelles aucune mesure d'accompagnement n'existe, c'est rire au nez de toutes celles et ceux qui sont victimes de ces produits, riverain·e·s comme paysan·ne·s.
Nous avons plus que jamais besoin d'une Politique Agricole et Alimentaire globale, et la sortie des pesticides demande des mesures fortes aux niveaux national et européen.

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